Budget et organisation de mon agenda présidentiel

Je veux que l’agenda du président cesse d’être une vitrine de déplacements composés de délégations à rallonge.

Un déplacement présidentiel ne doit pas être une opération d’image. Il doit servir à voir, décider, suivre, corriger et rendre compte. Quand le président se déplace, l’État doit travailler mieux. Sinon, le déplacement coûte cher, mobilise trop de monde, produit beaucoup de photos et laisse peu de résultats visibles aux Français.

Mon approche est claire : moins de déplacements dispersés, moins de délégations lourdes, moins de voyages internationaux autonomes, plus de présence longue dans les territoires, plus de suivi et plus de décisions contrôlables.

Coût des déplacements présidentiels

En 2024, les déplacements présidentiels ont coûté 20,1 millions d’euros pour 94 déplacements. Dans ce total, les déplacements en métropole ont coûté 5,3 millions d’euros. Les déplacements internationaux ont coûté 10,5 millions d’euros. À titre de comparaison, les trois déplacements en outre-mer ont coûté 2,1 millions d’euros.

Je veux inverser cette logique.

Place des outre-mer dans l’agenda présidentiel

Les outre-mer ne doivent plus être rarement visités. Ces territoires doivent devenir un lieu régulier de travail présidentiel. Chaque mois, je veux consacrer plus de jours à un territoire ultramarin.

Réduction des délégations présidentielles

Je veux réduire considérablement la taille des délégations m’accompagnant dans les déplacements.

La sécurité ne peut pas être traitée comme une option. Elle reste à part, parce qu’elle relève de la protection de l’État et de la fonction présidentielle. Mais elle ne doit pas servir à reconstituer autour du président une délégation politique trop lourde.

Priorité aux transports commerciaux

Le transport doit aussi changer. La ligne commerciale doit devenir prioritaire lorsque c’est possible. L’avion gouvernemental doit rester réservé aux urgences, aux contraintes de sécurité, aux ruptures de réseau ou aux obligations horaires majeures.

Une présence présidentielle utile

Le président ne doit pas venir dans un territoire pour prononcer un discours, repartir, puis laisser les habitants attendre. Il doit venir pour travailler.

Diplomatie depuis les territoires français

Cette méthode permet aussi de faire de la diplomatie autrement. Les échanges avec les pays de la région des Caraïbes peuvent être préparés depuis les Antilles ou la Guyane. Les échanges de l’océan Indien peuvent être travaillés depuis La Réunion ou Mayotte. Les échanges du Pacifique peuvent être organisés depuis la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie ou Wallis-et-Futuna.

La France parle mieux à ses voisins lorsqu’elle parle depuis le territoire français le plus proche.

Doctrine budgétaire

Ma doctrine budgétaire est donc claire :

  • Moins de frais dispersés.

  • Moins de grandes délégations.

  • Moins de voyages répétés sans suivi.

  • Plus de présence utile.

  • Plus de travail sur place.

  • Plus d’outre-mer.

  • Plus de décisions contrôlées.

Un président ne doit pas mesurer son action au nombre de kilomètres parcourus. Il doit la mesurer à ce qui change réellement dans la vie des Français après son passage.