L’état réel du pays

Avant de parler de sécurité, il faut regarder l’état réel du pays. La France n’est pas en guerre intérieure. Il faut être précis. Mais certains territoires vivent déjà une pression très forte. Pression de la criminalité organisée. Pression du trafic de drogue, de la pauvreté, des fraudes. Pression de la violence dans certains quartiers, certains ports, certaines zones frontalières et certains territoires d’outre-mer.

Je ne veux pas traiter la sécurité avec une phrase simple, comme si tout pouvait être réglé par une seule mesure. La sécurité est un sujet complet. Elle touche la police, la justice, les banques, les frontières, les ports, les écoles, les familles, les entreprises, les collectivités, les réseaux sociaux, les trafics, la pauvreté, les flux d’argent et parfois même les relations avec les pays voisins.

Si l’on ne regarde qu’un seul morceau du problème, on y répond mal.

Les chiffres de la violence

En 2025, la France a connu 982 homicides, 4 501 tentatives d’homicide, 473 000 violences physiques, 56 600 faits de trafic de stupéfiants et 448 700 escroqueries ou fraudes aux moyens de paiement.

Ces chiffres ne disent pas que tout le pays bascule. Ils disent autre chose. Ils disent que la violence change de forme. Elle est moins liée au vol classique. Elle devient plus liée à l’emprise locale, au trafic, à l’argent sale, à l’intimidation et à la fraude.

Une pression par poches

La sécurité ne se dégrade pas partout de la même manière. Certaines communes restent calmes. D’autres concentrent une part très importante des faits. C’est cela qu’il faut comprendre. La France ne vit pas une insécurité uniforme. Elle vit une pression par poches. Certains territoires tiennent. D’autres s’abîment. Dans ces endroits, le groupe criminel peut devenir un employeur, un protecteur, une menace, parfois même une autorité de fait pour ceux qui ne voient plus assez l’État.

C’est le danger principal. Quand l’État recule dans la vie réelle, quelqu’un d’autre prend la place.

Le rôle de la pauvreté

La pauvreté aggrave cette situation. En France métropolitaine, 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Cela ne veut pas dire qu’une personne pauvre devienne criminelle. Ce serait faux et injuste. Mais cela veut dire qu’un jeune sans perspective, une famille sous pression, une personne isolée ou un territoire sans avenir devient plus facile à attirer vers des revenus rapides, des petits trafics, des fraudes ou des services rendus à des réseaux.

Dans les Outre-mer, certains niveaux de pauvreté rendent la situation encore plus fragile. Mayotte, la Guyane, La Réunion, la Guadeloupe et la Martinique n’ont pas les mêmes réalités que la métropole. La sécurité ne peut pas être pensée avec une règle écrite uniquement depuis Paris.

Des réponses de fond

Il faut arrêter les réponses de façade. La sécurité ne se résume pas à plus de présence dans la rue, même si cette présence est nécessaire.

Elle demande aussi une justice plus rapide. Des enquêtes mieux reliées aux flux d’argent. Une lutte plus forte contre le blanchiment. Des ports mieux surveillés. Des banques mieux utilisées contre l’argent criminel. Une meilleure protection des témoins. Des réponses différentes selon les territoires. Une politique sérieuse pour les jeunes qui risquent d’être recrutés par les réseaux. Une présence de l’État plus visible dans les endroits où il a disparu de la vie quotidienne.

Une sécurité qui tient

La sécurité doit être ajustée au réel. Je ne veux pas d’une sécurité de slogan. Je veux une sécurité qui tienne. Une sécurité qui protège les habitants sans humilier les territoires. Une sécurité qui donne aux forces de l’ordre les moyens de travailler. Une sécurité qui donne à la justice la capacité de répondre vite. Une sécurité qui suit l’argent criminel. Une sécurité qui protège les victimes. Une sécurité qui empêche les réseaux de devenir plus puissants que la République dans certains lieux.

La paix pour les Français

La paix pour les Français passe par là. La paix, c’est pouvoir sortir sans peur. C’est pouvoir envoyer son enfant à l’école sans se demander quel réseau l’attend dehors. C’est pouvoir tenir un commerce sans pression. C’est pouvoir vivre dans un quartier où l’autorité appartient à la loi, pas au trafic.

C’est pouvoir habiter en métropole, en Guyane, à Mayotte, à La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe ou en Polynésie avec la même certitude que l’État ne vous abandonne pas.

Une vision complète

Ma vision de la sécurité est donc une vision complète : éviter que la France entre dans une situation où l’on corrige trop tard ce que l’on aurait pu empêcher plus tôt.